Préparation de l’examen périodique universel : l’exemple de la société civile Burkinabé

En 2018, le Burkina-Faso sera examiné pour la troisième fois par le groupe de travail de l’Examen Périodique Universel (EPU). Pour rappel, l’EPU est un mécanisme des Nations-Unies dans lequel la situation des droits humains de chaque État est examinée cycliquement (tous les 4 ans et demi). A cette occasion, les États-membres ont la possibilité d’émettre des recommandations pour orienter la bonne mise en œuvre des droits et libertés fondamentales. Pour se faire, les États recommandant se basent sur le rapport de situation rédigé par le gouvernement de l’État examiné, mais également sur le rapport des Nations-Unis mais surtout, sur le rapport des organisations de la société civile (OSC).

 Le moins que l’on puisse dire est que la société civile Burkinabé n’est pas en reste ! Initiées par notre partenaire CIFDHA (Centre d’Information et de Formation pour les droits humains en Afrique), plusieurs consultations nationales ont été organisées depuis le mois de Mai dernier. L’objectif de ces consultations est de coordonner l’action des OSC à travers une analyse commune des recommandations émises et acceptées par le gouvernement en 2013 ; mais également une répartition des différentes thématiques selon le domaine de compétence des organisations locales.

 Ce vendredi 25 août, le CIFDHA a organisé une session de formation et de renforcement de capacités des organisations de la société civile sur l’EPU. Convié pour l’événement, le Premier secrétaire du département des droits humains, rattaché au ministère de la Justice, a introduit la journée. Il a insisté sur le rôle joué par les organisations de la société civile dans la bonne appréciation de la situation des droits humains au Burkina-Faso. En effet, alors que l’État est responsable de la bonne application des traités qu’il a ratifiée et des législations nationales qui en découlent, les organisations de la société civile ont pour mission de veiller à la bonne mise en œuvre des obligations et engagements internationaux de l’État. Elles permettent de dresser un portait réaliste de la situation des droits humains du pays. Ainsi, selon la conjoncture politique, les OSC peuvent constituer un relais important pour la rédaction du rapport gouvernemental ; ce qui est manifestement le cas pour le Burkina-Faso.

 Dès la fin de l’ouverture officielle, les représentants des différentes organisations présentes se sont réparties les recommandations selon quatre thématiques : les droits civils et politiques, les droits sociaux, économiques et culturels, les droits dits « sectoriels » (droits des enfants, droits des femmes, droits des personnes en situation de handicap…) et les situations relatives à la torture et aux mauvais traitements. L’objectif de la journée était d’évaluer la mise en œuvre des recommandations acceptées et de proposer des recommandations concrètes pour le prochain EPU. Chaque recommandation a été analysée et discutée selon les contextes locaux et les réalités du terrain.

La prochaine session de préparation aura pour objectif de formaliser les actions de plaidoyer au niveau national à travers la rencontre des missions permanentes (ambassades étrangères) basées au Burkina-Faso et donc susceptibles de faire des recommandations lors du prochain EPU.